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Grain de riz Factory se lance dans la fabrication de couches, parce que parfois on est justes, et parce que maman possède une malle pleine de vieilles seviettes, t-shirts couvertures et torchons en tous genres. 
Couches à nouer

Couches à nouer

Je suis partie d’un super modèle de couche bio à nouer, tout simple, achetée très cher, et devenue trop petite. Je l’ai ‘patronnée’ et agrandie, pour qu’elle convienne à un bébé de 9 kilos (je dirais qu’elle va pour du 8 à 12 kilos – approximativement).
N’ayant pas de formation de styliste, mon patron doit paraitre extravagant aux connaisseuses, il mérite des explications pour la confection.
Les coupes sont en noir, les mesures sont en bleu, les coutures sont en rouge.
Pour ce qui est des matières, voir plus bas.
1) Couper 2 fois la forme de la couche (ajouter 1 cm pour les coutures)
2) Couper plusieurs fois (en fonction de la matière utilisée)l’insert (rectangle noir au milieu du dessin) sans ajouter d’espace pour les coutures
3) Coudre ensemble les inserts et les coudre ensuite au milieu de la couche, suivant le modèle, coté envers du tissu.
4) Se procurer un élatique de 1 cm de large et 5 cm de long. Le coudre le plus tendu possible, en zig zag, au dessus de l’insert, toujours du coté envers du tissu de la couche. Côté endroit, ça forme une petite fronce.
5) Coudre les deux couches ensemble, endroit contre endroit, en laissant un trou assez grand pour retourner.
6) Retourner la couche, et faire une couture toute belle et la plus droite possible, tout le long du bord (fermer le trou, bien sûr), pour maintenir les deux morceau bien en place, et pour que la couche ne se déforme pas.
7) Coudre bien solidement 2 cordons (confectionné dans le même tissus que la couche) de 20 cm de long et 1 cm de large (ou moins) sur l’avant comme indiqué sur le plan (petits rectangles rouges en haut, à gauche et à droite).

8) Attendre que bébé se réveille de la sièste et lui essayer la couche.
Il faut évidemment mettre une culotte de protection par dessus votre oeuvre, sinon, elle ne servirait à rien !
 Couche nouée !

Couche nouée !

Les matières :

On peut acheter du tissu pour couches neuf ici mais moi j’ai pris juste du tissu de récup, et ça marche aussi bien. Il absorbe, il se lave, et il sèche, c’est tout ce qu’on lui demande de faire…

Inserts :

- J’emploie du tetra, des tissus en coton de 70cm sur 70 cm qu’on vend pour absorber le vomi de bébé. Soit je le plie pour qu’il ait une taille de 22/10 cm, soit je le coupe en petits rectangles de 22/10 cm.

- J’ai aussi essayé avec deux épaisseurs de serviette éponge, ça marche, mais ça seche moins vite

- Le mieux, c’est avec un torchon absorbant, qui sert à protéger le matelas pendant l’allaitement de nuit. Ne sachant plus qu’en faire, je l’ai coupé en rectangles de 22/10 cm, ‘emballés dans du tétra. C’es super, ça sèche vite et ça absorbe bien.

Couche côté intérieur :

- N’importe quel t-shirt en coton vous fournira le tissu nécessaire. Veiller à ce que la matière reste douce, même mouillée, parce que ça touche les fesse du bébé !

- Le must, c’est de la couverture en polar, c’est mignon et tout tout doux, et ça reste sec. Prévoir un insert bien absorbant alors, parce que le polar n’absorbe pas bien.

Couche côté extérieur :

- Amusez-vous avec les couleurs et les motifs, en restant dans des matières naturelles et absorbantes (T-shirt, serviette éponge, tétras…)

 

Si vous en faites, je veux des avis et photos !!

Le départ pour Montréal approche. On essaie de penser à tout…
On a trouvé un siège auto sur place, on est en passe de trouver un lit pliant, et voilà la solution pour la chaise.

Un siège nomade, qui coute une vingtaine d’euros sur le net mais qui est épuisé partout…
Qu’a cela ne tienne, bricolons la chose:

Matos :
- Un morceau de tissu (coton, calicot) de 150 / 150 cm en comptant large
- de la craie
- une paire de ciseaux
- une machine à coudre (et la bonne copine qui va avec, dans mon cas)
- un bébé (optionnel, on peut faire les essais avec un grand koala en peluche)

Précisons que je ne l’ai pas réinventé, un patron existe ici en anglais. Je l’ai pompé en changeant des mesures et arrangé le truc à ma sauce.

1. Plier le tissu en 2 et le repasser… en respectant le droit fil, c’est toujours mieux.

2. dessiner le plan si contre. Attention, j’ai changé (doublé)  la mesure pour le bord du bas (elle ne correspond donc pas à l’échelle!)

3. découper à 1 centimètre du dessin (pour la couture)

4. coudre les 2 épaisseurs de tissus ensemble, sauf le bord du bas. Retourner et faire une petite couture le long du bord (pour l’esthétique et le solidité)

5. Plier la partie du haut en deux (selon les pointillés) et coudre les deux bords latéraux bien solidement

6.Plier en deux le bord du bas et le coudre sur toute sa largeur (laisser les deux côtés ouverts)

7. couper dans le reste de tissu une longue bande de 12 cm de large.
La plier en deux, coudre, retourner. Refaire une jolie couture bien droite le long des bords à l’extérieur.

8. Passer la bande de tissu dans le bord du bas.
Terminé ça donne ça ! 
On a mis deux lichettes parce que bébé semblait alors attaché de façon plus stable, et on a même fait le petit sac qui va avec, 15/20cm.

Du mouvement

Je me souviens d’une réunion au boulot, la dernière avant le congé de maternité.
J’étais hyper enceinte -presque le plus qu’on peut l’être- et Grain-de-Riz bougeait plus que jamais.
Un collègue l’avait surpris en pleine cabriole, il avait été carrément époustoufflé : ‘tain, mais ça bouge fort ton truc“.
Et avec le hoquet de 18h, j’avais le ventre qui rebondissait fièrement… trop facile d’impressionner les copains !

Quand il est né, j’étais surprise de voir qu’il bougeait si peu.
C’est juste quand on le mettait en petit bouddha dans l’écharpe qu’on pouvait remarquer qu’il bougeait.
Puis il a commencé à changer de position un peu plus remarquablement, mais j’étais toujours sceptique quand on me disais “Tu vas voir, il va tomber de la table à langer” …
Sans trop y croire, on a quand même commencé à le changer sur le lit…

Et petit à petit, chemin faisant, il essayait de se retourner, timidement. Ca venait un peu plus tard que ce qu’on lit, donc je me disais que Grain-de-Riz serait un intello. “Ok, économisons pour l’université“.

Puis il s’est tenu assis, vers 6 mois. Et c’est là qu’il s’est mis à épater sa mère (… heu, encore plus que d’habitude, disons).
On le retrouve maintenant dans son lit dans une position indéfinissable, les jambes sur le tour de lit, la tête où on se souvenait avoir mis les pieds, à demi retourné sur le dos.
Et puis il fait du yoga sur son tapis d’éveil, et teste toutes sortes de positions, qui ont l’air inconfortables, mais qui visiblement doivent être testées, vu l’énergie qu’il y met…

Laissons faire, laissons faire… 

Un jour on va le retrouver à 4 pattes à la cuisine après l’avoir quitté 2 secondes au salon. Et j’imagine que ce jour arrivera plus tôt qu’on le croit.

Essai / Erreur

N’essayez pas de sucrer les biscuits sablés avec de la banane, fiasco assuré, ça ne cuit pas, c’est complètement foireux, ça tombe en morceaux, et même pas bon…

Cela dit, Grain-de-Riz les aurait mangé quand même si je n’avais pas tout fichu à la poubelle. 

… ou nos rencontres désastreuses avec les gynécologues.

Le 1 mars 2007, après un test de grossesse positif, j’ai rendez-vous chez ma gynécologue.
Elle me sert la main, m’envoie me désabiller, laisse Antoine dans son bureau, me palpe et fait la moue, “oui, vous êtes bien enceinte“. ”Vous pouvez vous rhabiller” et zou, nous voilà tous les 3 dans son bureau. Elle ne me demande pas comment je vais. Elle me tend un papier “Il faut faire une échographie à 12 semaines“. Elle me tend une prescription. Pas un regard à Antoine, l’heureux futur-papa. “Et j’accouche à Cavell!” , “Vous me revoyez dans un mois“.
Antoine demande ce qu’elle m’a prescrit,
-”des vitamines, des vitamines
-”et c’est quoi comme vitamines?”
-”voyons monsieur, des vitamines, une femme enceinte prend des vitamines !
Le rendez-vous est fini, nous en sortons muets… J’ai les larmes aux yeux. Je me suis sentie comme une petite fille qu’on a puni, parce qu’elle l’a bien cherché.

Le soir même, nous cherchons sur internet s’il existe en Belgique des suivis de grossesse alternatifs, comme au Québec, ou des maisons de naissance, ou des gynécologues humains.
Nous tombons sur le site d’Alter-Natives. Ils organisent une rencontre le lendemain à Bruxelles, l’aubaine !
Nous y rencontrons des couples, des femmes enceintes épanouies, des jeunes mamans. 3 heures plus tard, nous rentrons, dans une froide soirée de mars, avec dans la poche les précieux numéros de Sylvie et Titou, sages-femmes. On a les joues qui piquent, de l’espoir plein la tête, y a de la vie dans l’air.

Nous rencontrons Sylvie la semaine suivante, nous échangeons nos points de vue pendant une bonne heure. Elle s’intéresse à moi, à Antoine, elle a le regard vrai, elle a le temps de nous parler, d’écouter notre histoire, pas de doute, c’est elle qui nous suivra.

Nous faisons une première échographie à 13 semaines. Grand moment d’émotion. Grain-de-riz est là, vivant, dans mon ventre. C’est incroyable!
Le suivi de grossesse se passe chez Sylvie, dans une petite pièce chaleureuse de sa maison, loin des cabinets médicaux et des hopitaux.

A 23 semaines, nous sommes au Québec, nous devons faire une deuxième échographie, obligatoire en Belgique. Rendez-vous est pris dans un hopital de Montréal.
Après une longue attente, on me radiographie. Le monsieur en tablier prend ses mesures, la télé est installée derrière moi, je ne la vois pas. Il ne dit rien, puis après un long travail de mesures, il appelle sont pote, aussi en tablier, qui se met à travailler sur moi.
-”on peut savoir ce qui se passe?”
-”on a des doutes, alors on vérifie“.
On nous laisse seuls un moment, puis un autre homme en blanc arrive. Il reprend des mesures, muet. C’est surréaliste ! “mais qu’est-ce qu’il se passe!”
Le rendez-vous est terminé, on ne sait pas si Grain-de-riz est ok.
Antoine arrive à accoster le dernier médecin dans le couloir, et lui demande d’éclaircir la situation.
Grain-de-riz à un trop gros cerveau, il est sûrement hydrocéphale. Si vous voulez, je vous prends rendez-vous pour la semaine prochaine dans un hopital plus spécialisé“.  

La semaine suivante, on se rend à Sainte-Justine, les tripes nouées. Je présente mon papier à l’accueil. La dame lit, puis me regarde. “Aïe, il faudra faire des tests génétiques…
Je ne comprends pas, nous venons pour un avis supplémentaire, concernant on-ne-sait-pas-trop-quel diagnostique, et on nous parle de tests génétiques?!
On mesure Grain-de-riz, encore et encore. Il semble être parfait. Les autres se seraient trompés.
Incroyable, on risque d’avoir un bébé normal. Depuis une semaine, l’évidence s’était envolée…

De retour à Bruxelles, nous faisons une quatrième échographie, pour confirmer que tout est ok dans le cerveau que je porte dans le ventre.
Le médecin nous accueille en ronchonnant… “Mais, vous n’avez pas de gynéco? Mais pourquoi vous n’avez pas fais la deuxième échographie en Belgique?
Il m’examine, appuie sur mon ventre, triture le bébé, nous fait mal ”pfff c’est beaucoup trop tard, je ne vois plus son coeur ! Il fallait venir plus tot ! “. Ce médecin non plus ne nous avait pas écouté. Il a lu “ventricule” sur la feuille. Pas de problème au coeur, c’est le ventricule du cerveau qui semblait clocher…  
En tout cas on est soulagés, il a mesuré le cerveau sans broncher !
Il nous quitte en disant que “mon placenta se calcifie, que Grain-de-riz va manquer d’oxygène et va probablement étouffer“. Puis nous sert la main en me disant que j’ai pris 12 kilos, “c’est trop, vous allez en garder dans les fesses toute votre vie“.

Nous téléphonons à Sylvie, pour une traduction de son jargon.
Ce monsieur semblait vexé de s’être trompé, vexé de devoir échographier un foetus qu’en fin de grossesse, et vexé de ne pas avoir réussi à nous effrayer.
Bébé ne devrait pas étouffer dans son placenta.
Il faudrait qu’on rencontre encore une gynéco, une autre, à la 39ieme semaine, histoire de voir si Grain-de-riz “n’étouffe” pas… Galère. Mais on s’en fiche. On est rodés maintenant.

Ce dernier diagnostic nous annoncera un bébé “énorme“, mais je “serais faite pour faire des gros bébés“.

Grain-de-riz naîtra finalement naturellement, sous les regards attendris de Sylvie et Antoine, à 41 semaines, 3 kilos 450, 51cm, magnifiquement proportionné.
Tous ces médecins diront qu’on “a eu chaud” et qu’ “heureusement qu’ils étaient là pour nous prévenir de tout ce qu’on risquait !

Quand ce sera à  refaire, si c’est à refaire, ce sera SANS médecin, AUCUN !

Purée printanière

5 feuilles de laitue
Une tomate
2 cuillers à soupe de quinoa

Cuire le quinoa 15 minutes avec le double de son volume d’eau.
Mettre la laitue et la tomate 5 minutes dans le panier vapeur.
Eplucher et épepiner la tomate (fastoche!).

Mixer le tout.

“Super bon” dit bébé !

A la naissance, le bébé ne voit quasiment rien, juste des trucs flous en noir et blanc.
Quand Mael est né, j’ai essayé de garder ça à l’esprit. De ne pas m’aprocher exagérément de son visage en criant gazou gazou. Lui parler tout doucement, à une distance normale, pour qu’il puisse avoir un apperçu global de cette chose qui lui parle.

Voilà le premier ami de Grain-de-riz. Il est accroché au mur du salon, je l’ai peind il y a quelques années.

Il regarde Grain-de-riz avec douceur, ou qu’il se trouve dans la pièce. Il l’admire, longuement, calmement. Alors Grain-de-riz se sent obligé de répondre par la même attitude…

C’est dingue ! Quand Bébé pleurait le soir, il suffisait de le mettre face à la peinture, et il se calmait, et même, tentait des sourires. Il n’avait pas l’air d’avoir remarqué qu’il manquait un corps et une dimention à ce personnage. Que jamais il ne le nourrirait, ou ne prendrait soin de lui, rien de rien…

Maintenant que Mael a grandi, il n’est plus duppe, mais cette peinture aura probablement été un des premiers moteurs de son imagination. Whaw ! 

Quand il est né, Grain-de-riz n’avait pas super faim. Il attendu 10 bonnes heures avant de boire ! (même s’il est resté accroché au sein la majeure partie de ce temps)

Le soir de sa naissance j’ai du rester à l’hopital, le pédiatre voulait voir Mael, pour être sur qu’il n’y avait pas de complication suite à son méconium in utéro.
J’ai donc reçu l’aide d’une infirmière pour mettre Grain-de-riz au sein. Elle m’a attrapé le sein d’une main, la bouche de bébé de l’autre et a pluggé les deux ensemble.
- ” Et veillez à lui chatouiller l’oreille pour qu’il ne s’endorme pas !”
Je l’avais trouvée un peu brute, mais le résultat était positif, puisque Bébé se nourrissait pour la première fois de sa courte vie.

Enceinte, je ne me suis jamais posée la question de l’allaitement. Pour moi c’était clair que si une femme pouvait faire un enfant, elle pouvait le nourrir.
C’est quand je me suis retrouvée avec mon petit truc chaud dans les bras, que je me suis vraiment demandée comment j’allais faire pour l’allaiter.
Titou m’avais bien expliqué les histoires de positions, mais avec une poupée, ça restait très abstrait.

Le lendemain, l’infirmière de l’hopital m’a de nouveau pluggé à mon nouveau né, sans rien m’expliquer, et j’étais très désemparée en rentrant à la maison… Je ne savais même pas si j’avais du lait. J’ai finalement réussi à brancher Mael moi-même à mon sein.

Puis une longue histoire d’amour à commencé entre eux, alors que je chatouillais amoureusement l’oreille de mon bébé. Maintenant, Mael a 7 mois, et il aime le sein plus que tout au monde. C’est son jeu, son biberon, sa tétine, son réconfort.
Et moi dans tout ça, même si je me suis parfois sentie comme une bimbo qu’on aime que pour son corps, je jubile de pourvoir le réconforter ou l’endormir si facilement, d’avoir droit à autant de calins, et de vivre une relation aussi proche avec Mael…

Nous vivons avec Joon, une vieille chatte de 12 ans, associale à tendance autiste.
J’avais un peu peur de sa réaction à la naissance de Mael, parce que ses contacts avec les enfants ont chaque fois été désastreux. Elle a bien failli mourir de peur le jour ou Eliott - maitrisant tout juste le 4 pattes – l’a poursuivie à travers la maison, et la petite Lisa restera à jamais traumatisée par les gros chats noirs qui soufflent…

Le 31 octobre, quand nous sommes arrivés à la maison avec notre petit humain, Joon a fait semblant de rien. Pas d’attaque, pas de jalousie, parfois elle changeait de pièce, autaine, quand j’arrivais avec Mael dans les bras, elle nous ignorait. Elle profitait du confort du coussin d’allaitement, et roupillait tranquillement dans le maxi cosi si on ne la chassait pas. Nous avons bien tenté d’y mettre une couche souillée par Mael, afin qu’elle comprenne qu’elle n’y était pas bienvenue, mais elle se couchait alors tranquillement juste à côté, revassant dans une odeur de yahourt.

Plusieurs fois, laissant Mael seul dans une piece pendant que je faisais autre chose, j’ai surpris Joon assise à ses côtés.
Plusieurs fois elle s’est approchée de lui pour le sentir, me provoquant de petites frayeurs ( je voyais déjà le chat débouler dans le salon avec un bras de bébé dans la gueule !).
Mais jamais elle n’a montré le moindre signe de violence envers le bébé, au contraire.
Et depuis quelques jours, même si c’était perceptible depuis un moment, Joon est devenue le babyphone. Si Mael se réveille à la sieste ou en soirée, elle vient nous chercher dans le salon.
C’était si clair et si émouvant l’autre soir, qu’Antoine et moi en avons pleuré !

Pour sa part, la vieille chatte a reçu une double ration de croquettes et de gros calins, c’est toujours ça de pris !

Tais-toi, j’accouche !

Petit retour en arrière… à la fin du mois d’octobre 2007, les dernières belles journées ensoleillées d’automne.

Les médecins m’avaient prédis que j’accoucherais le 26, ou même avant, le 16.
Dès le début du mois d’octobre, j’étais donc au garde à vous, puisque toutes les femmes-ayant-accouché que je connaissais l’avaient fait 15 jours avant le terme.

Vers la mi-octobre, je n’avais pas encore connu la moindre contraction, et malgré ma démarche de pinguin et une très légère sciatique, je pétais la forme. Je me sentais heureuse et épanouie. Grain-de-riz gigottait tant qu’il pouvait, et pour la première fois depuis le début de cette grossesse, je n’avais plus peur de lui. Je me sentais confiante, prète à le tenir dans mes bras, le changer, le consoler. 

Mais les jours passaient, et bébé restait dans mon ventre. Je m’imaginais avec frayeur dans le livre des record comme “première femme enceinte qui n’aie pas accouché”, ou que “finalement tous les médecins s’étaient trompés, je n’étais pas enceinte, j’avais juste trop mangé”, ou me faisant ouvrir le ventre au scalpel pour sortir Grain-de-riz de force parce qu’”il allait étouffer et tuer sa mère”…

Vers le 20 octobre, je n’en pouvais plus de tourner en rond, je me suis mise à tricoter une petite chose informe, qui devait servir de poncho à Grain-de-riz (mais qui n’a jamais servi, parce que bébé aurait avalé toutes les petites mousses de mohair, et aurait fini par s’étrangler).

 

Le 26 octobre, je me lève pimpante, aujourd’hui, vous faites ce que vous voulez, moi, j’accouche !
… Mais la journée passe et la nuit tombe, pas la moindre contraction, pas le moindre bébé à l’horizon…
Sylvie, la sage-femme, me rassure en me confirmant que toutes les femmes enceintes finissent par accoucher, et que je dois laisser la vie se passer, et la nature faire les choses comme elle l’entend.

Je passe donc la semaine à apprendre la patience, et à tricoter amoureusement de petits bouts de trucs devant servir à improviser un joli cache coeur pétrole à Grain-de-riz.
Le vendredi soir, ça y est, alléluhia, j’ai des contractions. Alors je fonce dans un bain chaud, comme il est écrit partout de le faire. Elles se calment. J’appelle fièrement Sylvie pour lui annoncer la nouvelle. Elle vient, m’examine, et me donne encore une semaine… J’encaisse la nouvelle.
Les contractions reprendront le samedi un peu dans la journée, puis le soir de manière plus régulière et je perds le bouchon muqueux.
J’appelle Titou, l’autre sage-femme, elle arrive, met son nez de clown et m’examine. Nous partons en rigolant faire un monitoring, Antoine prépare vite fait une petite valise, mais nous reviendrons de l’hopital bredouille, toujours pas de bébé.
Je dors horriblement mal puis les contractions se calment au petit matin.

Elles reprennent dans la soirée du dimanche. Sur les conseils de Titou, nous retournons à l’hopital faire un monitoring et revenons bredouille… j’encaisse.
Je passe cette nuit là assise sur le ballon, mon oreiller sur le radiateur, avec des contractions douloureuses et régulières, qui ne font pas avancer le travail. Mon col est à peine entrouvert, histoire de faire de l’air à Grain-de-riz.

Le lundi soir, je suis épuisée par une nuit et une journée de contractions, j’appelle Sylvie en larmes. Elle vient, m’examine et me donne un buscopan, parce que j’ai mal, j’ai perdu mon sourire. Ok, j’attends, mais comme ça c’est trop dur.
Elle rentre chez elle, et au lieu de faire stopper le travail, le médicament provoque des contractions régulières et douloureuses, qui me mettent de bonne humeur, parce que je sens qu’elles appuient sur le col.

Une demi-heure plus tard, j’appelle Sylvie, elle arrive. Le travail a bel et bien commencé.
Nous nous rendons en bande de joyeux lurons à l’hopital. J’ai droit à la plus belle salle d’accouchement ! Je plonge dans le bain. s’ensuivent de longues heures de contractions, bains, massages du dos et discussions.
Sylvie perce la poche des eaux au milieu de la nuit, pour faire avancer les choses, qui stagnent.
Aïe aïe aïe, Grain-de-riz a fait son méconium un peu trop tot. Je ne pourrai donc pas accoucher dans le bain, et bébé devra être “aspiré de partout” à la naissance.
Qu’à cela ne tienne, tant qu’il nait !

On me redonne un buscopan en perfusion, et là, tout s’accélère.
Bébé pousse, le col s’ouvre et le soleil se lève.
Je suis épuisée, je me couche sur le côté.
Subitement, je pousse ! En fait, c’est pas moi qui pousse, c’est mon corps, c’est la nature ou Grain-de-riz… Le résultat, c’est qu’Antoine aperçoit un bout de tête ! Puis je pousse encore, en poussant un grand cri, parce que c’est comme ça que ça vient, parce que ce n’est plus moi, mais mon petit moi sauvage qui est la, couché.

Puis ça pousse encore et la tête sort tout à fait. Je m’effraie, parce que je ne l’entends pas crier. Normal, il est pas encore né !
Puis il nait. On le vide de ses glaires comme prévu, mais l’opération est si vite faite, que le temps que je reprenne mes esprits, je suis la, sur le dos, avec un petit truc mou et chaud sur le ventre, qui essaie de m’attraper le sein.
Il entrouvre les yeux. Il est beau ! Incroyablement beau ! Tout le monde pleure. On ne sait pas encore trop comment il s’appelle, mais il est là, vivant ! C’est fabuleux !

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