… ou nos rencontres désastreuses avec les gynécologues.
Le 1 mars 2007, après un test de grossesse positif, j’ai rendez-vous chez ma gynécologue.
Elle me sert la main, m’envoie me désabiller, laisse Antoine dans son bureau, me palpe et fait la moue, “oui, vous êtes bien enceinte“. ”Vous pouvez vous rhabiller” et zou, nous voilà tous les 3 dans son bureau. Elle ne me demande pas comment je vais. Elle me tend un papier “Il faut faire une échographie à 12 semaines“. Elle me tend une prescription. Pas un regard à Antoine, l’heureux futur-papa. “Et j’accouche à Cavell!” , “Vous me revoyez dans un mois“.
Antoine demande ce qu’elle m’a prescrit,
-”des vitamines, des vitamines“
-”et c’est quoi comme vitamines?”
-”voyons monsieur, des vitamines, une femme enceinte prend des vitamines !“
Le rendez-vous est fini, nous en sortons muets… J’ai les larmes aux yeux. Je me suis sentie comme une petite fille qu’on a puni, parce qu’elle l’a bien cherché.
Le soir même, nous cherchons sur internet s’il existe en Belgique des suivis de grossesse alternatifs, comme au Québec, ou des maisons de naissance, ou des gynécologues humains.
Nous tombons sur le site d’Alter-Natives. Ils organisent une rencontre le lendemain à Bruxelles, l’aubaine !
Nous y rencontrons des couples, des femmes enceintes épanouies, des jeunes mamans. 3 heures plus tard, nous rentrons, dans une froide soirée de mars, avec dans la poche les précieux numéros de Sylvie et Titou, sages-femmes. On a les joues qui piquent, de l’espoir plein la tête, y a de la vie dans l’air.
Nous rencontrons Sylvie la semaine suivante, nous échangeons nos points de vue pendant une bonne heure. Elle s’intéresse à moi, à Antoine, elle a le regard vrai, elle a le temps de nous parler, d’écouter notre histoire, pas de doute, c’est elle qui nous suivra.
Nous faisons une première échographie à 13 semaines. Grand moment d’émotion. Grain-de-riz est là, vivant, dans mon ventre. C’est incroyable!
Le suivi de grossesse se passe chez Sylvie, dans une petite pièce chaleureuse de sa maison, loin des cabinets médicaux et des hopitaux.
A 23 semaines, nous sommes au Québec, nous devons faire une deuxième échographie, obligatoire en Belgique. Rendez-vous est pris dans un hopital de Montréal.
Après une longue attente, on me radiographie. Le monsieur en tablier prend ses mesures, la télé est installée derrière moi, je ne la vois pas. Il ne dit rien, puis après un long travail de mesures, il appelle sont pote, aussi en tablier, qui se met à travailler sur moi.
-”on peut savoir ce qui se passe?”
-”on a des doutes, alors on vérifie“.
On nous laisse seuls un moment, puis un autre homme en blanc arrive. Il reprend des mesures, muet. C’est surréaliste ! “mais qu’est-ce qu’il se passe!”
Le rendez-vous est terminé, on ne sait pas si Grain-de-riz est ok.
Antoine arrive à accoster le dernier médecin dans le couloir, et lui demande d’éclaircir la situation.
“Grain-de-riz à un trop gros cerveau, il est sûrement hydrocéphale. Si vous voulez, je vous prends rendez-vous pour la semaine prochaine dans un hopital plus spécialisé“.
La semaine suivante, on se rend à Sainte-Justine, les tripes nouées. Je présente mon papier à l’accueil. La dame lit, puis me regarde. “Aïe, il faudra faire des tests génétiques…“
Je ne comprends pas, nous venons pour un avis supplémentaire, concernant on-ne-sait-pas-trop-quel diagnostique, et on nous parle de tests génétiques?!
On mesure Grain-de-riz, encore et encore. Il semble être parfait. Les autres se seraient trompés.
Incroyable, on risque d’avoir un bébé normal. Depuis une semaine, l’évidence s’était envolée…
De retour à Bruxelles, nous faisons une quatrième échographie, pour confirmer que tout est ok dans le cerveau que je porte dans le ventre.
Le médecin nous accueille en ronchonnant… “Mais, vous n’avez pas de gynéco? Mais pourquoi vous n’avez pas fais la deuxième échographie en Belgique? “
Il m’examine, appuie sur mon ventre, triture le bébé, nous fait mal ”pfff c’est beaucoup trop tard, je ne vois plus son coeur ! Il fallait venir plus tot ! “. Ce médecin non plus ne nous avait pas écouté. Il a lu “ventricule” sur la feuille. Pas de problème au coeur, c’est le ventricule du cerveau qui semblait clocher…
En tout cas on est soulagés, il a mesuré le cerveau sans broncher !
Il nous quitte en disant que “mon placenta se calcifie, que Grain-de-riz va manquer d’oxygène et va probablement étouffer“. Puis nous sert la main en me disant que j’ai pris 12 kilos, “c’est trop, vous allez en garder dans les fesses toute votre vie“.
Nous téléphonons à Sylvie, pour une traduction de son jargon.
Ce monsieur semblait vexé de s’être trompé, vexé de devoir échographier un foetus qu’en fin de grossesse, et vexé de ne pas avoir réussi à nous effrayer.
Bébé ne devrait pas étouffer dans son placenta.
Il faudrait qu’on rencontre encore une gynéco, une autre, à la 39ieme semaine, histoire de voir si Grain-de-riz “n’étouffe” pas… Galère. Mais on s’en fiche. On est rodés maintenant.
Ce dernier diagnostic nous annoncera un bébé “énorme“, mais je “serais faite pour faire des gros bébés“.
Grain-de-riz naîtra finalement naturellement, sous les regards attendris de Sylvie et Antoine, à 41 semaines, 3 kilos 450, 51cm, magnifiquement proportionné.
Tous ces médecins diront qu’on “a eu chaud” et qu’ “heureusement qu’ils étaient là pour nous prévenir de tout ce qu’on risquait !“
Quand ce sera à refaire, si c’est à refaire, ce sera SANS médecin, AUCUN !
ouh la oui, après un tel parcours, pas évident…
je n’ai pas eu de problème majeur pendant ma grosesse, mais idem, les médecins je les fuit comme la peste depuis… et pour la prochaine grossesse, ca se fera comme MOI je le veux et pas comme on me dit de faire…
mais en france c’est encore plus compliqué. pas de maisons de naissances et les sages femmes sont subookées…